Suivez le guide : Visite privée d’un atelier parisien !

Posted on Jan 4, 2014 in Suivez le guide | No Comments
Suivez le guide : Visite privée d’un atelier parisien !

Blog joaillerie. Présentation d'un atelier parisien !

Avant de commencer à vous raconter tout un tas de choses, je vous demande pardon de vous avoir délaissé ces derniers temps (non pas que j’aie la prétention de me croire indispensable humhum). Alors pour me racheter voici une petite pépite !! La visite d’un véritable atelier parisien. Bienvenue dans le monde des artisans d’art !!!

Ah oui et bien sûr : BONNE ANNÉE !!!

Alors oui, je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps mais je n’ai pas chômé ! Je suis remontée dix jours « à la capitale » pour suivre de près la réalisation d’une bague de fiançailles (qui vous sera révélée d’ici peu). Pour choisir les pierres de deux autres bagues qui sont en cours de réalisation, pour me balader au salon de  gemmologie et pour vous préparer d’autres surprises.

Alors j’ai trottiné un peu partout, dites donc ! J’avais oublié qu’à Paris tout allait aussi vite. Et comme c’est un des charmes du métier j’ai voulu vous en faire profiter.  Vous allez voir, ça sent bon le métal, ça transpire le travail et la créativité … C’est parti !!!

Tout d’abord, il faut savoir qu’un atelier est rarement rangé. C’est un charmant foutoir où seuls les artisans savent retrouver en quelques secondes ce que vous mettriez deux heures à repérer. Pour eux, chaque chose est à sa place…. Pour moi, c’est une véritable caverne d’Ali Baba !

établi 2

Établi de l’artisan joaillier. Observez le fameux tablier en peau.

établi du sertisseur Établi en bataille

Pas mal non ? Ces photos sont prises dans la pièce principale de l’atelier. Là où le sertisseur, l’artisan joaillier et les stagiaires travaillent. Le sertisseur est celui qui enchâsse les pierres sur les bijoux. L’artisan joaillier quant à lui travaille l’or. Il prépare le travail du sertisseur.

Chacun d’entre eux a son établi, sorte de bureau en bois, où il travaille sur la cheville (petite avancée centrale en bois). Sous l’établi, des “tiroirs” ouverts pour accueillir les différents outils de travail : échoppes, gouges, limes, fraise électrique. Sur la droite un poste à soudure (il y a un grand chalumeau qu’il actionne avec une pédale). S’y trouve également une lampe individuelle, souvent blanche. Blanche comme la lumière du soleil, pour ne pas fausser les couleurs du bijou et ne pas fatiguer les yeux de l’artisan. Enfin une loupe pour une plus grande précision. Sur les photos vous pouvez voir un tablier en peau qui est fixé dans la courbe de l’établi. Il se pose sur les cuisses de l’ouvrier et permet ainsi de récupérer les poussières d’or ou les pierres qui pourraient s’échapper.

Petite anecdote, on ne passe JAMAIS l’aspirateur dans un atelier de peur d’aspirer quelques merveilles égarées.

Il y a également le coffre fort (avec moult verrous), une balance pour les pierres, limes, laminoir ou tire fil, pinces, poinçons, pierre à feu, une sorte de fraise électrique, et une boîte à ultra-sons….. bref tout ce qui leur est nécessaire, même un petit frigo ^^ !

différentes échoppes

Échoppes, un outil que le sertisseur utilise beaucoup

Établi en bataille

Établi du joaillier

vue d'ensemble divers instruments coffre fort, four à résineJPG

Je vous ai parlé un peu plus haut du coffre fort. Je vais développer car c’est quand même là que sont séquestrées mes chères pierres précieuses. Chaque joaillier a sa façon de les ranger. Pour mon premier stage (vous savez celui qu’on fait en troisième) je me rappelle encore du moment, ô combien magique où le trésor m’avait été dévoilé !! Des plateaux de cuir recouverts de velours noir sur lesquels reposaient en pagaille des pierres triées par couleurs. Un rouge, un vert. Ou par type de gemmes. J’avais beaucoup aimé plonger mes mains dans celui des saphirs (roses, bleus, jaunes…). Ici des boites en bois dans lesquelles sont rangés des “plis” en papier où se trouve une pierre. Et de grands plis pour les pierres de pavage.

plis pierres vrac

En enfilade se trouve une autre pièce où se trouvent les fours, la fonderie, l’évier, la centrifugeuse… Tout un ramdam d’instruments où il est facile de se perdre.

machine à platre

Machine à plâtre – centrifugeuse

four 2

Four, utilisé pour faire fondre la cire

centrifugeuse

Machine du fondeur où l’or en fusion va être coulé dans le moule en plâtre

fonte à cire perdue

arbre de bijoutier

L’arbre du joaillier en or. L’artisan n’a plus qu’à décrocher chaque bague et à les retravailler.

Dans cette seconde pièce donc, les appareils nécessaires au moulage et à la fonte. Ici tout ce qui touche à la réalisation de la maquette en cire est sous-traité.

Cette cire si importante alors récupérée, le fondeur la place avec d’autres sur un axe pour faire un arbre à cire. Pour vous donner une idée, imaginez la photo ci-dessus en bleu et vert. Rappelez vous de ces maquettes de couleurs réalisées à taille réelle. Cet arbre sera ensuite moulé dans un plâtre très spécial.

Le plâtre utilisé ici doit être extrêmement fin pour ne laisser aucune trace de grains dans le futur moule. Tout d’abord, on place cet arbre dans un cylindre de métal pour y couler le plâtre. Le plâtre va alors prendre la forme de l’arbre en l’épousant parfaitement. Pour éviter toute présence de bulle, l’ensemble est placé dans une machine sous vide qui vibre.

Une fois la préparation bien compacte et bien sèche, on démoule le plâtre, puis on le glisse dans un four pour que la cire s’écoule. Vous savez, cette fameuse maquette bleue ou verte sur laquelle un artisan a si longtemps travaillé !! C’est ce que l’on appelle la fonte à cire perdue.

Puis, le moule vidé de toute trace de cire, est placé dans une centrifugeuse. L’or en fusion est versé dans le moule de plâtre. Grâce à la force centrifuge, l’or le remplira parfaitement.

Refroidissement du plâtre pour qu’il puisse être réduit en morceaux…. et voilà notre arbre en métal. Un arbre étonnant sur lequel pousse des bagues et que je mettrai bien dans mon jardin. Le joaillier n’aura plus qu’à cueillir chaque fruit de l’arbre, à le retravailler, si besoin de le sertir, de le rhodier (c’est à dire déposer une couche de rhodium sur l’argent ou l’or blanc pour protéger le métal de l’oxydation)… pour enfin pouvoir le livrer !

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