Backstage

Posted on Oct 23, 2013 in Bagues | One Comment
Backstage

Croquis et gouaches d'une bague de fiançailles

Ça fait bien longtemps que je ne me suis pas attardée seule (ou presque car j’ai tout de même mon royal baby avec moi) à une terrasse de café pour griffonner. Pour ça Paris me manque…

Mais venons en à notre sujet. Suite aux demandes et conseils de certains, me voici prête à vous confier les « secrets » de création de la bague de Solène.

Etape n°1 : découvrir la jeune femme (ici c’est facile puisqu’il s’agit d’une amie)

Etape n°2 : cerner ses goûts en matière de joaillerie, ce qu’elle connaît sur le sujet et la conseiller. Par exemple lui parler des différentes pierres généralement utilisées pour les bagues de fiançailles (diamants, saphirs, rubis, émeraudes, qui – attention ! – sont extrêmement fragiles), les tailles (brillant, coussin, poire….), savoir quelle est la couleur d’or qu’elle préfère et ainsi de suite.

Etape n°3 : réfléchir de mon côté pendant que Solène me prépare un dossier avec ses goûts et, aussi, ce qu’elle ne veut surtout pas (c’est important !).

Une fois toutes ces cartes en main, il ne me reste « plus qu’à » me mettre au travail ! J’ai allumé la musique, sorti mes crayons et retroussé mes manches. Au début j’hésitais  entre une monture 1920, légère et géométrique, et une monture plus végétale. J’ai donc  passé un certain temps à feuilleter des livres sur les jardins (à l’anglaise, à la française…) pour m’éclaircir les idées. Mais c’est un livre sur les estampes de Katsushika Hokusai (offert par Isabelle Gagneux, aquarelliste) qui a particulièrement retenu mon attention.

Je raffole de ces premiers moments où tout reste à faire et pendant lesquels je flâne et  glane dans les livres et sur internet toutes sortes d’inspirations. Les idées sont là, il me reste à y mettre bon ordre.

Vous pouvez voir sur les croquis que le diamant taillé en poire est omniprésent.  Deux raisons à cela :

  • Primo, Solène avait beaucoup aimé ce modèle Joséphine de chez Chaumet :

chaumet joséphine

  • Segondo, l’idée me plaisait bien de mettre à l’honneur la poire. C’est une très belle taille, élégante et qui n’est pas assez souvent utilisée à mon goût.

Pour les curieux voici quelques explications concernant la poire. C’est une taille qui s’inspire du brillant (taille moderne du diamant à ne pas confondre avec les tailles anciennes ou les demies-tailles) et de la marquise. Elle a 56 facettes ce qui lui donne cet aspect particulièrement brillant et est communément associée à la goutte d’eau où à une larme. Une pierre taillée en poire acquiert une élégance et une sensualité certaines.  Les poires les plus célèbres, dont vous avez peut être entendu parler, ne sont pas des diamants anodins. Vous avez le Beau Sancy (55 carats), diamant des Rois. Le « Taylor-Burton » (69 carats), LE diamant Hollywoodien si je puis dire, ou bien encore le Lesotho Promise I (76,41 carats de pureté).

Le Tallon d’Achille de cette pierre, c’est sa pointe. Elle est fragile, il faut donc la protéger pour éviter qu’elle ne se brise (et accessoirement pour qu’elle ne s’accroche pas partout … collants, pulls…)

Une poire donc pour notre bague. Une fois le croquis choisi par Solène, je m’attaque à la « gouache ». Gouache et aquarelle sur papier gris pour bien faire ressortir les ors et la pierre.

Gouache bague So

Ensuite direction l’atelier pour choisir la pierre avec le joaillier. Si vous aimez les diamants, ce moment sera sûrement votre préféré car c’est là que vous pourrez voir différentes pierres. Plus petites, plus culassées, plus pures, incluses, colorées….  Le joaillier va vous conseiller de poser les différents diamants sur votre main, pour que vous soyez plus à même de juger la couleur et la taille (trop petite, pas assez imposante, …).

Il faut également envoyer le dessin à la maquettiste qui fera une sculpture sur cire (ici bleue), taille réelle. Cette étape, qui va permettre à Solène d’apercevoir le rendu final de sa bague, ce qui n’est pas évident lorsque l’on porte de la cire colorée au doigt, est très importante. En effet la cire doit être extrêmement précise car c’est à partir de celle ci que le fondeur réalisera le moule de la bague.

Puis c’est au joaillier de mettre à l’œuvre sa magie pour finir le travail. Une fois en possession de la fonte il devra faire les sertis et polir toute la structure pour lui donner cet aspect brillant que vous pouvez admirer.

J’espère que ces quelques lignes vous ont éclairés quand à la conception et la réalisation d’une bague. De manière générale, passer par des créateurs permet de participer pleinement à l’élaboration de SA bague. De la réfléchir, de se l’imaginer, et de la voir naître petit à petit…

So et Jo

1 Comment

  1. diane
    23 octobre 2013

    trop chouette d’avoir tous les détails et les explications de ton travail minutieux !!! c’est top ce que tu fais et on se rend bien compte de tout le travail que tu fournis!!!

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